Famille kirghize en route pour chercher du travail en Russie

La fin des steppes

A quelques centaines de kilomètres d’Astana, la capitale du pays, nous retrouvons une équipe de l’émission « Turbo » sur M6 qui nous avait déjà filmés pour notre départ de Strasbourg en février dernier. Cyril (journaliste) et Sébastien (caméraman) sont venus au Kazakhstan pour voir et filmer nos techniques de recharge au milieu des steppes. Nous les retrouvons au bord de la route dans une yourte, où nous dégustons du lait de jument fermenté histoire de mettre tout les monde dans l’ambiance dès le début ! Il faut avouer que même si les yourtes étaient l’habitat traditionnel de la région il y a quelques centaines d’années, aujourd’hui, il faut bien chercher pour en trouver. Celles qui existent encore sont plutôt là dans un but touristique que pour une utilisation traditionnelle. En tous cas, l’ambiance est au rendez vous, on boit notre lait de jument assis par terre sur un tapis dans un lieu assez petit avec une lumière tamisé. A quelques mètres, deux policiers kazakhs en train de boire du thé nous observent l’air plutôt surpris. Seul point « négatif » pour nous : il n’y a pas d’électricité et donc pas de recharge possible pour la voiture…

L’après midi a été plutôt fructueux pour le reportage qui doit passer dans l’émission dans quelques semaines puisqu’en l’espace d’à peine une heure, nous avons eu trois cas différents de tentative de recharge. On pensait que tout aller être très facile après que la première personne ai accepté presque immédiatement de nous aider. Malheureusement, le circuit plutôt vétuste de la boutique n’a pas supporté notre voiture branchée en plus des quatre frigos qui étaient déjà en fonctionnement (les plombs ont sauté). Notre deuxième tentative un peu plus loin s’est soldée par un « niet » (« non » en russe) catégorique. Notre troisième et dernier essai a lui été concluant et nous a permis de passer l’après midi dans un élevage de porcs. Nos hôtes, en plus de nous prêter leur prise, nous ont très gentiment invités à diner chez eux.

Quelques kilomètres de steppes plus loin, nous voilà arrivés dans la nouvelle capitale du pays : Astana. La capitale du Kazakhstan est une grande ville moderne de deux millions d’habitants construite pour l’essentiel durant ces dix dernières années. Elle se dresse au milieu des steppes en plein centre du pays. Grandes avenues, buildings imposants et colorés, l’impression générale est assez étonnante. Notamment l’artère principale qui aligne le Baïterek (monument phare de la ville représentant une boule dorée au sommet d’un arbre blanc), les bâtiments ministériels constitués de deux grandes tours cylindriques dorées, le palais de la présidence (aussi appelé la « maison blanche »)… Accueillis par l’ambassade de France qui nous aide à recharger notre voiture, ce sont des élèves de l’Alliance Française qui nous guident dans la ville et nous font découvrir que tout en haut du Baïterek, on peut mettre sa main dans l’empreinte de celle du président du Kazakhstan Noursoulltan Nazarbayev qui a été moulée dans un socle de métal. Photo à ne pas manquer !

En partant d’Astana vers le nord, c’est la fin des steppes qui se fait sentir. L’herbe sèche laisse peu à peu la place à des champs et même à quelques forêts. A un arrêt pour routiers nous voyons passer plusieurs famille d’ouzbeks et de kirghizs qui nous expliquent aller en Russie pour travailler. Ils traversent le Kazakhstan du sud (l’Ouzbékistan et le Kirghizstan sont au sud du Kazakhstan) au nord en bus ou dans leur voiture, souvent en famille, pour atteindre la Russie où ils trouvent un travail saisonnier ou parfois s’installent pour plusieurs années. Tout ce petit monde est très intéressé par notre voyage, les enfants veulent essayer la voiture, à grand renfort de mimes, nous en expliquons les caractéristiques techniques aux adultes et nous jouons les vedettes en signant quelques autographes (à leur demande). Puis tout le monde repart vers le nord, nous y compris, mais quelques heures plus tard, le temps que la recharge se termine.

Le passage en Russie se fait dans la plus grande simplicité car il existe une union douanière entre le Kazakhstan et la Russie qui nous évite d’avoir à exhiber et à expliquer les multiples documents de dédouanement que nous transportons depuis le début du voyage. Notre nouvel environnement se fait plus industriel, plus moderne. Nous changeons nos premiers roubles et cherchons notre premier plugger. Ici, les systèmes électriques semblent plus robustes et il n’y a plus aucun problème pour brancher notre voiture n’importe où. Les forêts de bouleaux remplissent le paysage et la température baisse sensiblement.

Nous vivons nos derniers kilomètres asiatiques puisque demain nous allons atteindre l’Oural, frontière naturelle avec le continent européen. Retour à la case départ !