Recharges dans les steppes kazakhes
16/08/2012
Enfin le Kazakhstan ! Sans doute le pays le plus mystérieux de tout notre voyage. Nous n’avons que très peu d’information sur cet endroit. Une des seules choses que nous savons est qu’au moment où nous avons préparé notre trajet sur Google Map, il y a un an et demi, ça n’avait pas l’air d’être un pays très habité. C’était même ce qu’on avait identifié comme le passage le plus compliqué du parcours pour recharger la voiture à cause des étendus désertiques de l’est, juste après la frontière chinoise.
Le passage de la frontière est toujours un moment assez particulier. Tout d’abord à cause du stress car on n’est jamais sûr que tout se passe bien. Cette fois ci, au stress, s’ajoutait un peu de tristesse de laisser derrière nous nos amis chinois Hao et Chao avec qui nous avions passé un mois de voyage à travers toute la Chine. De la curiosité aussi de voir par nous même à quoi ressemblait ce pays qui nous était si méconnu. Et enfin un peu d’appréhension de devoir trouver des prises dans cette contrée qui nous avait l’air passablement inhabitée.
Après un passage de frontière sans encombre, nous faisons donc nos premiers mètres au Kazakhstan. On ne voit qu’une chose : la steppe, à perte de vue, sans aucun signe de présence humaine hormis la route sur laquelle nous roulons. Quelques arbres et arbustes de ci de là, et surtout une grande pelouse un peu sèche qui couvre des milliers de kilomètres. Quelques rapaces planent dans le ciel, le soleil est écrasant et rien pour se mettre à l’ombre. On a l’impression que le paysage est une copie conforme du drapeau du pays, soleil et aigle jaune sur fond vert (la steppe).
Le deuxième grand changement en arrivant au Kazakhstan, ce sont les couverts. Depuis notre arrivée au Japon il y a plus de trois mois, tous les pays que nous avons traversés utilisent exclusivement des baguettes pour manger. C’est presque avec difficulté qu’on se remet au couteau et à la fourchette !
Le pays est très jeune, il a pris sont indépendance de l’URSS en 1991. La langue la plus parlée est le russe, dont nous ne connaissons malheureusement que très peu de mots. Cette fois, contrairement à la Chine, plus de guide pour nous aider. On se spécialise donc dans les mimes. Le pays est marqué par ses grands espaces, surtout des steppes. Pour une superficie 4 fois plus grande que la France, il y a ici 17 millions d’habitants. Notre crainte de se retrouver seul au milieu des steppes sans électricité n’était donc pas infondée !
Finalement, les cartes que nous avions trouvées sur internet n’étaient pas exhaustives et un certain nombre de villages se trouvent le long de la plupart des routes (tous les 70 kilomètres environ). Ce qui est plus difficile pour nous est de connaître l’état des routes à l’avance pour prévoir des détours si elles ne sont pas bitumées. C’est comme ça que l’on s’est retrouvé à devoir faire un détour de 500 km par le nord du pays après avoir recueilli les avis de plusieurs kazakhs qui nous ont fortement déconseillé d’utiliser la route du centre qui en plus d’être isolée, est en très mauvaise état.
Ce détour de 500 km nous a permis de battre le record de notre plus grande distance parcourue en une journée (pour pouvoir rester dans les temps de notre planning). On a donc fait quelques journées de 19h, levé à 5h du matin, arrivée à minuit pour atteindre les 340 km par jour. Record établi à 348 km : 8h de conduite, 9h de recharge et 3h pour tout le reste : trouver les 4 prises dont nous avons eu besoin, dire au revoir à ceux qui nous ont aidé etc.
Comme dans tous les endroits que nous avons traversés jusqu’à présent, nous arrivons facilement à trouver de l’aide pour pouvoir recharger notre voiture. Il n’est pas rare non plus que les gens croisés au hasard des recharges veuillent en plus de nous aider nous faire découvrir la culture locale ou tout simplement l’endroit où ils habitent. Grâce à cette hospitalité naturelle, on nous a invité plusieurs fois à manger, à visiter la ville (tour de plusieurs villages mais aussi visite d’Oskemen, la grande ville de l’est). De toutes ces découvertes, la plus étonnante que nous ayons faite au Kazakhstan grâce à un de nos pluggers a été un centre de détente perdu dans un magnifique paysage de steppes, au milieu d’un élevage de cerfs. L’utilisation de l’animal aurait des effets bénéfiques sur la santé. Le concept de ce centre est basé sur l’exploitation des cerfs qui sont élevés sur place, on les voit d’ailleurs gambader tout autour des quelques bâtiments en bois du centre. Les bois des cerfs sont utilisés pour préparer des bains relaxants, leur viande est servie au diner et la spécialité du lieu est une boisson qui mélange vodka et sang de cerfs. A prendre une fois par jour environ…
2 Commentaires










CHAUVIN Jérôme
Bravo pour cette audacieuse initiative, qui prouve une fois de plus, que quand on veut, on peut ! L’électrique n’est donc pas cantonné à un usage strictement urbain. En s’organisant, (c’est maintenant le rôle des pouvoirs publics français….), envisager des longs parcours en véhicules électriques sera possible. Cette expérience le démontre.
Pour ma part, je vais prendre possession de ma C-Zero cette apm !….
Aigerim
Je suis kazakhe et c’est la première que j’entends parler de cette spécialité locale. De quoi nous faire basculer une fois de plus dans le stéréotype à la Borat.
Je suis ravie néanmoins que l’aventure vous plaise et j’espère que vous apprécierez le reste de votre voyage.
Bonne continuation!