Yunnan mountains

Traversée du Yunnan

C’est à Kunming (dans la province du Yunnan, au sud de la Chine) que nous retrouvons les deux journalistes qui vont nous suivre pendant une semaine jusqu’à Chengdu dans une autre voiture conduite par une troisième personne. Ils seront alors remplacés par deux autres journalistes qui nous suivrons pendant une semaine, et ainsi de suite jusqu’à la frontière kazakh. Ce dispositif médiatique a été mis en place par Citroën (un de nos partenaires) pour suivre notre traversée de la Chine.
Au final, notre odyssée qui est habituellement constituée de notre voiture électrique et de deux personnes (Antonin et moi) prend des airs de grande expédition, puisqu’on est maintenant six dans deux voitures différentes ! Heureusement, tout le monde est plutôt sympathique et parle anglais ou français en plus du chinois.
Notre petite équipée est dès leur premier jour plongée dans le bain des grandes distances en voiture électrique :
9h00 : départ, après 120 km et quelques arrêts photos plus tard nous nous arrêtons pour déjeuner dans un restaurant où nous en profitons bien sûr pour recharger la voiture.
11h30 : au restaurant, notre groupe de six fait mieux connaissance. Nous essayons d’expliquer aux autres clients ce que fait une voiture électrique au milieu de la Chine, branchée sur une des prises de leur cantine. Un vieux monsieur en uniforme militaire d’il y a plusieurs années fait son entrée, il nous montre ses nombreuses médailles. Nous préparons grâce à google map les prochains kilomètres qu’il nous reste à parcourir avant la ville où l’on a prévu de passer la nuit. Au final, nous restons là plus de quatre heures sans qu’on ait vraiment le temps de s’ennuyer.
16h00 : nous repartons vers notre destination du soir qui est à 100 km, distance que l’on devrait pouvoir faire avec ce qu’il nous reste de batterie.
17h00 : on s’arrête dans un garage pour recharger et prendre un peu de marge sur notre autonomie. C’est l’occasion de voir défiler sur la route devant le garage plusieurs camions remplis de cochons bien roses laissant un sillage de cris déchirants derrière eux.
20h30 : arrivée à notre ville de destination. La route ayant été en descente, avec en plus la recharge de sécurité que nous avons faite au garage, il nous reste un peu plus de la moitié du « plein ». Notre guide nous propose d’aller plus loin que prévu pour gagner un peu de temps sur le planning. Un habitant nous assure que la route est plate jusqu’à la prochaine ville 60 km plus loin.
21h10 : la route qui devait être plate est en faite une longue montée de 1000 m de dénivelé. Au bout de 30 km, nous avons utilisé les trois quarts de ce qu’il nous restait en autonomie. Pour arriver le plus loin possible, nous réduisons notre vitesse à 30 km/h.
21h30 : la jauge de batterie est vide, nous roulons sur la réserve, on ne devrait pas être loin de la ville mais toujours rien à l’horizon…
21h40 : une station de police est en vue avant l’entrée de la ville, ouf, on va pouvoir se recharger !
23h30 : après une heure de recharge chez la police qui nous a gentiment accueillis, nous arrivons enfin à notre nouvelle destination. Cette fois, plus question d’aller plus loin, mais il reste à trouver un endroit où dormir !
On aura finalement parcourus 280 km dans la journée en faisant 1000 m de dénivelé (vers le haut), avec un peu de stress en prime. Evidemment, pour le grand public, nous ne conseillons pas d’utiliser une voiture électrique dans un contexte similaire mais bien pour faire des trajets urbains quotidiens ou la question de faire 220 km ou 280 km dans la journée ne se pose pas.

Notre dernier arrêt dans le Yunnan nous emmène dans le type d’endroit qu’on ne peut trouver qu’en Chine : une ville de plusieurs centaines de milliers d’habitants coincée entre le fleuve et la montagne. Les immeubles semblent en équilibres sur leurs pilonnes tandis que les rues sont construites en escalier pour manger de la place sur le flanc de la montagne. L’ensemble s’étend à perte de vue le long de la rivière. C’est sur cette vision de science fiction que nous laissons le Yunnan derrière nous pour entrer dans le Sichuan et goûter à ses fameux plats pimentés.

Après les montagnes qui nous avaient réservé quelques surprises de dénivelés, nous arrivons dans la plaine de Chengdu. Le voyage est beaucoup moins incertain dans ces espaces plats, ce qui nous permet de jouer les touristes en allant visiter le plus grand buddha du monde (Leshan buddha) de 71m et les pandas de Chengdu qui ne semblent pas encore est très au courant de notre projet malgré nos tentatives d’explications. Pas de recharge spectaculaire ici, le grand buddha et les pandas, ou plutôt leurs gardiens, n’ont pas voulu laisser rentrer notre voiture pour une recharge. Il faut dire que les lieux ne s’y prêtent pas trop. On ne partira pas fâchés puisque les bus de la visite des pandas sont des bus électriques !